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In catalogue salon du livre d’artiste. Carré d'Art . Bibliothèque. Nîmes. juin 2001.

Jacques Clauzel

Parallèlement à mon œuvre de peintre, j’ai choisi de m’exprimer au travers du livre d’artiste, espace de liberté et de convivialité. Chaque ouvrage constitue un domaine dans lequel je m’autorise toutes les audaces, je prends tous les risques. Chaque livre étant « tiré » à un nombre réduit d’exemplaires fabriqués à la main , donc délivrés des problèmes liés à la fabrication industrielle, toutes les propositions même les plus hardies sont permises. Il me semble évident qu’il faut utiliser cette opportunité pour produire des ouvrages, uniques, hors des schémas habituels. Seules doivent importer la créativité du plasticien et du poète.

 

Chacun de mes livres est constitué d’une suite de peintures, de gravures, de dessins, de photographies…dont la fonction est de mettre en évidence les rapports entre les images qui non seulement s’y entrechoquent, s’y heurtent, s’y magnifient mais aussi s’y enrichissent pour en générer d’autres, subliminales, peut être, mais tout aussi présentes. Le livre d’artiste fait appel à la mémoire. Chaque page tournée influe sur la suivante, s’y superpose, s’estompe parfois pour revenir en force sans en avoir l’air, appelant la page suivante, toutes restant en mémoire.

 

Cet ensemble de 7 œuvres s’enrichit donc de beaucoup d’autres qui naissent au cours de la manipulation. Mais le livre d’artiste ne serait pas un livre si le poète ne côtoyait pas le peintre. Pour que l’ouvrage existe il faut qu’il y ait fusion car le livre d’artiste est avant tout le lieu idéal de rencontre entre la poésie et les arts plastiques. Sans la part du poète, rien ne fonctionne et l’absolu respect du texte est rigoureusement indispensable.

 

Les réactions des poètes devant le travail que je leur propose, me fascinent. Généralement, je leur soumets un ouvrage contenant une suite d’œuvres que j’ai mises en place et entre lesquelles j’ai aménagé des espaces destinés à recevoir le texte inédit puisque directement inspiré par ces propositions plastiques. Plus rarement, C’est le texte qui initie mon travail plastique. Plus ce travail avance, plus il m’apparaît évident que mes livres ne commencent à exister qu’à partir du moment où le texte, calligraphié ou imprimé a pris sa place.



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