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Contrepoint(s) n° 2 2001- ' Livre d’artiste, livre de bibliophilie. Jacques Clauzel : un portrait '.

Benoît Lecoq

Depuis plus de vingt ans, Jaques Clauzel, né à Nîmes en 1941, poursuit, dans la petite République de l’édition de création artistique, un parcourt très original, voire atypique. Au fil des années, le peintre s’est fait éditeur: passion grandissante dont témoigne le très riche catalogue de la maison “A travers”...

 

Au début des années 1960, Jacques Clauzel fait son apprentissage dans diverses Ecoles des Beaux-Arts pour rejoindre Paris et l’atelier d’André Chastel en compagnie de Buraglio, Parmentier, François Rouan, etc.

 

Grand logiste au prix de Rome de peinture, il aurait pu choisir de suivre un itinéraire classique. Mais l’opportunité d’un poste à l’Ecole des Beaux-Arts d’Abidjan lui ouvre, à partir de 1965, des horizons à lui-même insoupçonnés. Le peintre se fait photographe et ethnographe, se passionne pour l’art nègre, entreprend un recensement systématique des enseignes peintes des boutiques artisanales (reportage publié chez Serg en 1971).De retour en France au milieu des années 1970, il renoue avec la peinture par le biais de dessins automatiques puis par un retour à la nature morte et aux paysages... Démarche qui lui vaut l’incompréhension totale, voire la réprobation de l’entourage artistique.

 

La rencontre avec l’écrit se fait par l’entremise de Bernard Teulon Nouailles qui, découvrant les suites symbolistes et archétypales auxquelles s’essaie Clauzel, lui propose des textes et lui présente Michel Butor. De ces amitiés naissent des livres manuscrits exécutés à très peu d’exemplaires, avec Teulon Nouailles mais aussi avec Skimao ou Michel Sicard. Avec le passage à l’imprimé, dans les années 75, la production ne cesse de s’enrichir et de se diversifier. Toutefois, la profusion des auteurs sollicités et des techniques employées ne nuit en rien à la cohérence du projet. Egrener les noms des auteurs de prédilection de Clauzel suffit à dire l’unité du projet Salah Stétié, Charles Dobzynskï, Pierre Torreilles, Andrée Chédid, Lionel Bourg, Annie Salager, Michaël Glück, Werner Lambersy, Pierre Dhainaut, etc.

 

La démarche est toujours la même, tout à la fois rigoureuse et sensible. Clauzel propose une suite de peintures ou de gravures au poète choisi et lui demande de remplir les espaces qui lui sont réservés. Son travail est essentiellement un travail en noir et blanc, qui joue sur les nuances de tons et les contrastes de matière. Acrylique, eau-forte, pointe sèche, carborandum, linogravure, lithographies, peut-être même à l’avenir photographie tous les procédés sont exploités. Quelques précisions pour finir Jacques Clauzel refuse catégoriquement d’utiliser la PAO.

 

Pour la composition à la main, il œuvre avec la complicité de Robert Gayraud (Avignon) ou Michel Barnier (Nîmes). Les purs chiffons qu’il utilise viennent en général du Moulin du Gué ou des Moulins de la Roque, Chaque ouvrage est tiré à une quarantaine d’exemplaires, auxquels s’ajoute une édition de tète limitée à une petite dizaine.



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