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Une exposition qui colle au « bâti ». Article de presse. 29 mars 2002. Exposition centre d'art contemporain l'Entrepôt. Uzès. Du 30 mars au 11 mai 2002. Peintures.

Maïté Jullian

Le centre d’art contemporain l’Entrepôt d’Uzés, reprend ses expositions à partir du 30 mars.
La galerie accueillera en effet dans ses murs les récentes œuvres de Jacques Clauzel, peintre et photographe, un artiste nîmois qui a acquis dans le monde de l’art une forte renommée.

Après des études aux Beaux Arts de Tourcoing, Montpellier et Paris, Jacques Clauzel part enseigner la peinture aux Beaux. Arts d’Abidjan après l’obtention de son diplôme. C’est à cette époque que, délaissant la peinture, il va réaliser de nombreux reportages photographiques sur l’Afrique occidentale. C’est à cette époque aussi qu’il découvre l’art africain et l’art primitif, qui imprégneront tous deux fortement son œuvre picturale. De retour en France, il fonde un studio de photographie publicitaire et retourne enseigner aux Beaux Arts de Montpellier, la photo cette fois. C’est aux environs de 1976 qu’il retourne vers ses premiers amours, la peinture. Aujourd’hui peintre et graveur, Jacques Clauzel a également publié plus de 200 livres d’artiste aux Editions A Travers particulièrement.

Rigueur et ascétisme
Son œuvre de peintre, extrêmement rigoureuse, est qualifiée d’ascétique. Ses œuvres sont réalisés à partir de matériaux ramassés pour leur pauvreté (terre, poussière, peinture en bâtiment), d’outils qui sont souvent l’apanage des ouvriers du bâtiment et l’approche de l’œuvre elle même est pauvre. Pauvre mais essentielle. Rien d’autre ne compte que le «signe émanent», c’est à dire qui exulte d’un «donné à voir» volontairement pauvre mais nécessaire. Une œuvre dans lequel le joli n’a pas sa place, une œuvre qui amène à la méditation, au retour sur soi, une œuvre de philosophe et de poète. Michèle Moutashar dit des «derniers travaux de Jacques Clauzel qu‘ils collent au bâti. D’un bout à l’autre et jusque dans leur obstination singulière, ils ont cet air de morceaux maçonnés». Des matériaux «empesés, noir goudron bords d’épaufrures»: Une définition qui colle bien avec le lieu de l’exposition, L’Entrepôt, ancien dépôt de matériaux de construction...

Fruits desséchés et ombres énigmatiques
Depuis quelques temps Jacques Clauzel a repris les appareils délaissés, trouvant ce qui pouvait relier la photographie à son travail de peintre. Dans cette exposition, quelques uns de ces tirages seront présentés, qui se situent dans la continuité de son travail. L’artiste s’y passionne pour les fruits desséchés, écrasés ou broyés, trouvés dans son jardin et qu’il a mis à sécher. Laissant agir l’épreuve du temps pendant plusieurs mois, il laisse apparaître ce qu’il trouve beau ainsi que les ombres qui nous entourent et qui demandent un œil de poète pour en déchiffrer l’énigme. Une exposition présentée par l’Entrepôt qui propose de se faire une idée précise sur l’état du travail de Jacques Clauzel qui à travers des techniques variées a su conserver à son œuvre la grande unité qui fait sa force et sa contemporanéité.

Maïté Jullian
Exposition Jacques Clauzel du 30 mars au 11 mai.
 



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