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' Fragments du peut-être '. Galerie « arrêt sur l'image » Bordeaux. Exposition du 5 au 30 septembre 2000. Peintures.

Nathalie Lamire-Fabre

Jacques Clauzel nous présente aujourd’hui l’aboutissement momentané d’une œuvre qui s’étend sur une quarantaine d’années. Quarante ans au cours desquels il a appris, dans un premier temps à reconnaître son cheminement, c’est à dire à trouver à quelles questions il devrait se confronter, puis dans un deuxième temps à réaliser quelles techniques pourraient lui permettre de matérialiser ce questionnement. Voilà un artiste qui, tout au long de son existence a pensé qu’il est de son devoir de cheminer, d’avancer, de trouver de nouvelles solutions à l’expression de la même question, toujours rigoureusement identique, récurrente.

Pour y parvenir, il a utilisé toutes sortes de techniques, au risque d’en inventer de nouvelles, chacune générant un donné à voir différent mais permettant de conserver l’esprit de la globalité de l’œuvre. Il utilise toujours le même chemin, sans jamais repasser au même endroit, estimant la redite inutile et inféconde. Si pendant de nombreuses années il a du, pour répondre à son attente, créer de très nombreuses pièces, souvent de grandes dimensions, depuis quatre ou cinq ans son travail se raréfie. Formats et nombre de ses œuvres se réduisent. Parallèlement, les moyens techniques mis en œuvre se simplifient parce que Jacques Clauzel leur demande seulement de lui autoriser une grande immédiateté.

Paradoxalement, à première vue, on pourrait croire à une trop grande simplicité, mais il suffit de regarder pour entrer dans l’univers de l’artiste et l’y suivre. Ce travail que d’aucuns qualifieraient de Zen, prend sa source directement dans le vécu et la pensée de l’artiste, l’un et l’autre se réverbérant cette question fondamentale. L’artiste essaie par ce biais de faire entrer en résonance (ou en résonance ?) une certaine partie de nous, que nous croyons nous être connue, et celle cachée que nous ignorons ? L’artiste agit alors comme un révélateur. Passionnément amoureux des Arts Premiers, Jacques Clauzel y retrouve les mêmes interrogations, le même va et vient entre le visible et l’invisible, entre le montré (dévoilé ?) et le caché. Entre ce que nous pensons être et ce qui nous dépasse.

Pour entrer dans l’œuvre de Jacques Clauzel il ne faut pas attendre une réponse, mais seulement être prêt à accepter de voir se poser des questions auxquelles nous sommes seuls à pouvoir répondre, parce qu’elles sont enfouies au fond de notre inconscient et que nous seuls en possédons la clef.

 



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