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"Mon travail: une méditation sur le temps"

Muriel Plantier

« Mon travail : une méditation sur le temps »

 


ENTRETIEN

 

A Gallargues, le peintre Jacques Clauzel médite sur le temps. En noir et blanc. Il expose actuellement à Nîmes

 

Quel est le fondement de votre recherche picturale ?

Depuis une trentaine d'an­nées, mon travail est une mé­ditation sur le temps, basée sur la recherche de la plus grande simplicité. Pour moi, l'artiste est un médium qui es­saie de trouver le chemine­ment vers la chose la plus sim­ple, donc la plus ouverte pos­sible. Comment faire passer par l'expression plastique ce que l'on ne parvient pas à ex­primer par les mots ou la mu­sique ? Je cherche à atteindre cet indicible.

 

Mais comment faire ?

Depuis 2002, je travaille sur le pliage, le carton d'emballa­ge, les traces du temps, les blessures du papier. J'essaie de suivre ce que dit le maté­riau. Parfois, j'interviens très peu.

Je travaille dans le frais, avec du papier kraft. Je plie, je déplie, j'imprègne de pein­ture - noir ou blanc - que je prépare minutieusement avant. Je suis les empreintes aléatoires qui apparaissent. Je rehausse ou griffe les li­gnes. J'enlève plus que je ne rajoute pour faire jaillir la lu­mière du papier. Toujours les mêmes gestes mais très précis.

 

Des toiles d'une telle sobriété ne déroutent-elles pas le visiteur ?

Je ne cherche pas la retape, l'anecdotique. J'offre un tra­vail silencieux vers lequel il faut aller. Il demande une cer­taine attention, de l'accepta­tion. Le peintre doit être exi­geant avec les gens qui vont venir voir son travail. Je ne suis pas pour la facilité, ni pour cet art de la rue qui s'ex­hibe. C'est l'œuvre qui comp­te et c'est tout.

 

Cela demande de l'humilité.

Ce que je suis n'intéresse personne. Je refuse de mettre mes tripes sur la toile. L'important c'est l'œuvre et le che­minement.

Je vis avec beaucoup de piè­ces d'art africain et beaucoup de livres sur l'Afrique où j'ai vécu pendant huit ans, profes­seur à l'Ecole des beaux-arts à Abidjan. Ce qui me fascine là-dedans, c'est ce silence. Les Africains appellent ça la force.

 

Comment avez-vous choisi les œuvres exposées à la galerie des arènes ?

La plupart des toiles sont de 2005. J'ai peint en fonction de la galerie : face à l'impact des grands formats, j'ai voulu quelque chose d'encore plus essentiel : des formats longs, des toiles qui ne sont plus qu'un trait. Un travail sur la microsensation.  

 

Recueillis par Muriel PLANTIER

Mardi 24 janvier 2006 Midi Libre

Exposition jusqu'au 5 février à la galerie des arènes. NÎMES.

 

 



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