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7 X 7

Pierre Bartholomée


7 PIÈCES POUR 7 MUSICIENS.
(COR ANGLAIS, TROMPETTE, PERCUSSION, PIANO, VIOLON, ALTO ET VIOLONCELLE) .
1. ALLEGRO/2. MOLTO LENTO/3.SCHEHERZANDO
4. MODERATO/5. OSTINATO/6. ANDANTE/7. ALLEGRO

PROPOS RECUEILLIS PAR. GESPREK OPGETEKEND DOOR: TINO HAENEN


"Je sortais d'une période ou j'avais écrit des œuvres de longue haleine
(deux opéras, deux oratorios, des grands cycles pour piano). Je voulais donc faire quelque chose qui se tourne vers la concision, quelque chose de ramassé. Ecrire des pièces relativement courtes et les grouper en une sorte de suite, que j'aurais pu appeler Partita. Il y a deux ans, j'ai composé pour l'ensemble suisse Le Nouvel Ensemble Contemporain, une pièce où j'ai exploré la rencontre des timbres à l'état brut, c'est à-dire un groupe de cuivres, un piano, un groupe de cordes, sans la médiation des bois par exemple. Je voulais aller plus loin dans ce travail-ci.
La rencontre assez récente du plasticien français Jacques Clauzel m'avait beaucoup impressionné. Ayant entendu ma musique, ce dernier m'avait contacté. Il sentait qu'il y avait quelque chose entre nous et voulait absolument me rencontrer. Je suis allé le voir chez lui, entre Nîmes et Montpellier, et nous avons passé là, ma femme et moi, quelques jours dans son atelier. Nous avons regardé ses œuvres, l'avons entendu parler de son travail, lire des textes qu'il avait écrits, ainsi que des livres réalisés avec des poètes. Il nous a aussi parlé un peu de lui-même et de sa vie. J'étais vraiment très impressionné. Clauzel n'est pas seulement un peintre, mais également un merveilleux photographe. Ce qui m'a surtout frappé chez lui, c'est son travail très systématique, répété constamment, sur des toiles monochromes par exemple. Des toiles plissées, toutes exactement de la même façon. Dans ses gravures, il utilise l'outil et le geste qui le manie comme guide de son inspiration. Quelque chose là-dedans m'avait fortement remué.
Pour mes longues pièces précédentes, |'avais beaucoup travaillé sur des œuvres littéraires. Ici, j'étais confronté à une autre discipline. Ce qui m'intéressait, ce n'était pas d'essayer d'imiter cette peinture, mais de m'imprégner de la manière de travailler de ce peintre.
Quand la commande d'Ars Musica est arrivée, j'ai pensé que le moment était venu de tenter cela. J'ai décidé de travailler sur un matériau très restreint du point de vue harmonique et j'ai choisi un mode heptatonique (un mode de 7 sons). Toute la pièce, qui est en 7 parties, est basée sur ces 7 sons. Chaque partie écrite dans une des transpositions de ces 7 sons n'a que 7 hauteurs réparties à différents endroits de la tessiture, bien entendu.
Dans "Jacques", il y a 7 lettres. Dans "Clauzel" également. J'ai donc choisi 7 instruments, 7 mouvements. D'où ce petit clin d'œil du titre 7 x 7. Ce n'est pas une multiplication, mais un certain nombre de fois "7" par rapport à des paramètres différents.
Toutes les pièces ont un point commun: la volonté de révéler ce mode ou de le cacher, de valoriser un certain nombre de potentialités harmoniques et mélodiques. Il n'y a pas à proprement parler de motif commun; si ce n'est que la première et la septième pièce se répondent et donc, étant donné qu'il s'agit d'un nombre impair, c'est comme si la pièce se repliait comme un éventail.
Je voulais que ce soit une œuvre qui valorise des instruments concertants, qui exige des instrumentistes une grande virtuosité, mais qui ne soit pas toujours perceptible. La deuxième pièce par exemple, est extrêmement lente, d'où la difficulté de produire des sons extrêmement lents, une mélodie très lente.
Par contre, la première pièce et la septième qui lui fait miroir sont très rapides, de type hétérophonique; toutes sortes d'éléments viennent les brouiller, les troubler. Je tenais à réaliser un travail beaucoup plus systématique que je ne le fais d'habitude. Et puis j'ai essayé de perturber et dans certains cas de casser ce processus, d'arracher certains éléments de leur contexte et de les présenter à un autre moment, dans la pièce. C'est en quelque sorte comme une calligraphie que l'on vient brouiller.
En ce qui concerne les instruments, toutes les familles sont représentées: pour les bois, un cor anglais; pour les cuivres, une trompette, différents instruments de percussion, un piano et trois cordes - violon, alto et violoncelle. Un ensemble - à l'exception du piano - qui du point de vue des tessitures est concentré vers le médium. Il y a très peu d'unisson, sauf parfois les cordes; tous les instruments sont traités dans leur unicité et pureté."

In programme Ars Musica
soirée du 14 mars 2007 Théâtre Marni Bruxelles
Ensemble Musiques Nouvellrs
direction Mark Foster

 



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